Préparation 360° by Radiance

Arthur Lehec, technicien chez Scott Sports vous conseille sur la préparation de votre matériel !

Grâce à la préparation 360° by Radiance, vous bénéficierez de conseils de professionnels pour atteindre l’objectif de devenir MB Finisher ! Dans cet article, Arthur Lehec technicien chez Scott Sports vous conseille sur l’entretien et la préparation de votre VTT.

Dans quelle mesure la préparation du matériel est-elle primordiale avant une course ?

 

La préparation du matériel avant une course est primordiale. Après des jours, des semaines, des mois à se préparer et à s’entraîner pour dépasser ses limites, il ne faut pas que tout soit gâché par un ennui mécanique qui aurait pu être évité. Un dérailleur mal réglé, des freins mal purgés ou l’oubli d’un outil essentiel comme une pompe ou une chambre à air peuvent notamment stopper votre effort prématurément alors que vous aviez des jambes de feu.

Par quoi commencer lors de la préparation du matériel ?

 

Une révision complète du vélo est nécessaire pour affronter ce type de course. Vous allez donner le meilleur de vous même, le matériel va être mis à rude épreuve sur toute une journée et parfois dans des conditions difficiles.

Un check up de 10 minutes permet déjà d’établir un diagnostic rapide :

  • Inspecter le cadre en détail pour vérifier son état, s’il présente des coups, fissures qui pourraient être fatales le jour J.
  • Vérifier s’il y a du jeu dans les articulations en faisant fonctionner la suspension arrière et en posant le doigt sur chaque articulation.
  • La direction doit être fluide et sans jeu (freiner et avancer le vélo pour vérifier).
  • Vérifier toutes les vis en respectant les couples de serrage inscrits (à la clef dynamométrique).
  • Les roues, jeu dans les moyeux (prendre la roue à la main et bouger latéralement), voile, toucher chaque rayon pour s’assurer qu’aucun n’est cassé, et s’il y en a qui ne seraient pas tendus correctement.
  • Vérifier l’usure de la transmission, chaîne (gabarit d’usure), câblerie (fluide ou grippée), réglage du/des dérailleurs, alignement de la patte.
  • Vérifier l’usure des plaquettes de freins et le toucher du levier. Un système mal purgé peut être une catastrophe dans l’avancement de la journée, avec l’usure des plaquettes dans les belles et longues descentes. Partir avec des plaquettes presque neuves et rodées.

Si vous ne vous sentez pas de le faire, confiez cette opération à votre revendeur. Ne vous lancez pas avec un vélo non vérifié.

Quels sont les principaux accessoires dont on doit s’équiper pour une course telle que la MB Race ?

 

Hormis le casque obligatoire, il ne faut pas négliger les accessoires qui vous permettront de faire la course dans de bonnes conditions.
LA QUESTION : avec sac ou sans sac ?

SANS SAC : comme les top pilotes aux avant postes, si votre objectif est d’aller le plus vite possible sans compromis et donc en acceptant de prendre des risques. Risque de froid, de chaud, de ne pas avoir de quoi réparer et de manquer d’autonomie en eau et nourriture.
Bien évidemment il est plus confortable de rouler sans sac. Dans ce cas, bénéficier d’une assistance de son entourage, autant de fois que l’autorise le parcours, est un vrai plus.

AVEC SAC : pour moi, sur une course aussi longue et éprouvante en montagne, le sac est obligatoire. Il permet d’être un maximum autonome et de mettre toutes les chances de son côté pour finir.

Le sac doit être confortable ( on part entre 9 et 16 h ) et doit contenir :

  • Un coupe vent, les conditions peuvent changer rapidement et au gré des amplitudes d’altitude.
  • De quoi être autonome en eau et nourriture sur 40 km minimum. L’organisation au top de la MB Race met à disposition des ravitaillements fournis, néanmoins vous êtes tributaire de ce qui vous y est proposé alors que vous êtes peut être habitué à autre chose que ce soit en solide ou liquide. On a tous des habitudes de nutrition différentes. Une poche à eau de 2L est la norme. À remplir dans les gros ravitos au 70 et 100 km qui ne manquent de rien.
  • Les outils essentiels (voir plus bas).
  • Sifflet, téléphone portable et couverture de survie sont importants et fortement recommandés pour ce type de course en montagne.

 

De quoi se munir dans sa trousse de secours ?

 

Depuis que je fais ce type de courses longues distances en montagne ou haute montagne, le matériel obligatoire m’a fait ajouter à mon sac un lot de compresses stériles et straps. La trousse de secours ne m’a encore jamais servie donc je ne suis pas des meilleurs conseils pour cela. Mais la couverture de survie est le minimum à avoir pour soi ou pour couvrir un blessé en course en cas de canicule ou de froid/pluie/neige.

De quels outils disposez-vous dans votre kit de réparation ?

 

Les outils indispensables à avoir sur soi sont :

  • Des chambres à air x2. Dans le sac ou sacoche de selle, à l’abri de la boue.
  • Un démonte pneu au cas où, mais normalement non requis.
  • Une mini pompe dans le sac ou sur porte bidon (plutôt que des cartouches de co2 à réserver aux top pilotes, ou une pompe mixte co2).
  • Des embouts de cintre faisant office de mèches de réparation tubeless (s’entraîner avant à la maison avec un vieux pneu !) cela peut permettre de réparer une petite coupure en quelques secondes sans démontage.
  • Un multi-outils en vérifiant que vous avez bien tous les embouts nécessaires et compatibles avec votre vélo.
  • Un dérive chaîne (parfois inclus au multi-outils).
  • Une attache rapide compatible avec votre chaîne (maillon ou pion rapide).
  • Une patte de dérailleur compatible avec votre vélo.
  • Un petit carré de chambre à air découpé.
  • En cas de gros soucis mécanique, vous retrouverez l’assistance Shimano sur 3 points du parcours (km 28, km 70 et km 100).

 

Avant la course, comment régler son vélo ? (Ajuster les suspensions, amortissements…)

 

Pour les suspensions, certains ont tendance à rouler très gonflé en région plutôt roulante pour avoir un meilleur rendement en XC. Dans ce cas, le réglage doit être revu à la baisse pour utiliser tout le débattement dans les descentes techniques de la MB Race. Environ 20-30% d’enfoncement des suspensions sous votre poids, en statique.
Le rebond doit être réglé assez rapide car certaines descentes à haute vitesse sont composées de successions de racines ou de pierres. Les suspensions doivent avoir le temps d’absorber le choc et de se détendre pour pouvoir absorber le prochain choc. Rebond trop lent, les suspensions resteront enfoncées au premier choc et la suite sera absorbée par vos bras et jambes > FATIGUE ET MAL DE TÊTE !
L’idéal étant un tout suspendu de 100-120mm avec un levier au guidon offrant 3 réglages de suspensions et de géométrie. Cela permet d’avoir un vélo efficace en montée et d’utiliser tout le débattement à la descente, comme le SCOTT Spark RC avec Twinloc au guidon.
Le Spark est d’ailleurs un des vélos les plus représenté sur ce type de course, par les pilotes professionnels et compétiteurs de tout niveaux.

 

Selon la distance et la difficulté de course, doit on ajuster son vélo de la même manière ?

 

La MB Race propose entre 20 et 140km, la préparation du matériel est différente, mais dans tous les cas le vélo doit être en PARFAIT ÉTAT de fonctionnement pour éviter un accident et profiter des paysages sans devoir se salir les mains. La lubrification est différente si les conditions s’annoncent compliquées. Il existe des lubrifiants pour conditions sèches et pour conditions humides, dans la gamme Shimano par exemple.
Bien sûr, plus la distance choisie est longue, plus longue aura été la préparation, et plus dure serait la déception de devoir s’arrêter sur problème mécanique dû à une mauvaise préparation  matériel. Un incident au 15ème km sur 20km ou au 15ème sur 140 n’a pas la même saveur.

 

Quels sont les principaux problèmes mécaniques rencontrés pendant une courses ?

 

  • La crevaison, même si aujourd’hui elle a été grandement diminuée par les liquides préventifs efficaces et peut être réparée dans certains cas par une mèche rapidement en quelques secondes.
  • SOLUTION : attendre quelques secondes en roulant pour que le préventif agisse.
    > si la fuite persiste, tenter la réparation mèche si l’entaille la permet.
    > si la mèche ne permet pas de réparer, ouvrir le pneu, trouver l’origine de la crevaison, le retirer si encore présent. Mettre une chambre à air. Si le trou du pneu est trop important, la chambre risque de faire une hernie. Insérer à cet endroit un bout de chambre à air pour éviter cela.

 

  • La chute qui tord la patte de dérailleur.
  • SOLUTION : démonter le dérailleur et changer la patte. Si le dérailleur est tordu même avec une patte neuve, il est alors touché aussi. Le retordre à la main GENTIMENT pour finir la course. Il sera de toute manière à remplacer à l’issue de la course.

 

  • Le bris de chaîne peut être du à :
    • un point dur à l’endroit du sertissage
    • un changement de vitesse en effort maximum avec la chaîne en torsion 
    • une chaîne à usure beaucoup trop prononcée
  • SOLUTION :  visualiser la zone touchée. Dériveter la chaîne pour extraire la suite de maillon HS pour retrouver 2 mâles (attache rapide) ou 1 mâle et 1 femelle (pion rapide Shimano).

 

  • Une branche dans les rayons, casse rayon(s).
  • SOLUTION : Rayon tordu, ne rien faire si la roue passe toujours dans le cadre/fourche, ça attendra la fin de course, mais rouler plus prudemment la roue est fragilisée.
    Rayon(s) cassé(s) : l’accrocher à un autre pour ne pas qu’il se bloque quelque part.

 

  • Une câblerie vitesse ou durite de frein sectionnée par une pierre volante.
  • SOLUTION : câble de vitesse sectionné. Le dérailleur se place donc sur le plus petit pignon, le plus dur. Impossible de finir sur cette vitesse.
    Remplacer le câble si vous l’avez prévu dans le sac. Ou solution Mc Guyver, démonter le câble sectionné de la manette. Placer la tête du câble dans l’entrée de câble dans le dérailleur. Et tendre le câble pour placer le dérailleur sur une vitesse intermédiaire ou grand pignon pour finir la course coûte que coûte.
    Durite coupée : pas de solution sur le terrain. Rejoindre le prochain « gros ravito » au 70 et 100km pour essayer de trouver solution avec les experts du stand SHIMANO postés en assistance course neutre.

 

Après la course comment nettoyer son vélo ?

 

  • Évitez toujours le jet haute pression, mis à part pour nettoyer les pneus.
  • Un jet classique avec un embout de jardinage pour mouiller et dégrossir, un jeu de brosse et pinceau pour passer dans les recoins.
  • Un seau d’eau propre et chaude avec liquide vaisselle ou produit de nettoyage vélo disponibles dans la gamme SHIMANO.
  • Faire rebondir le vélo après le rinçage et l’essuyer avec un chiffon pour un résultat impeccable.
  • Un bon lavage permet également d’établir le diagnostic mécanique d’après course. Regarder les zones de projection sous le cadre afin de constater s’il y a eu de la casse, faire tourner les roues, vérifier les rayons, les pneus, d’où l’intérêt de laver même les pneus, outre l’aspect esthétique pour remettre le vélo dans le salon devant la cheminée.

Le mot de la fin : la MB Race fait partie de ces courses particulières, extrêmes. Son approche doit être préparée avec la plus grande rigueur sur tous les points. La partie matérielle est importante. L’autonomie est le maître mot. Plus on est autonome plus on a de chance de finir. S’entraîner à faire des réparations courses, tester le matériel, et le jour J, en cas de pépin, ne pas paniquer, la course est longue, il vaut mieux perdre 5 min pour faire une réparation efficace et réfléchie.

Qui est Arthur ?

Arthur est le responsable du service SAV chez Scott Sports France. Ce passionné de vélo est membre du Team MB Race, il connait le matériel et les itinéraires par coeur. C’est également un multiple finisher de la MB Race !